19 avril 2018
5 min

Siphonage de donnéesFacebook/Cambridge Analytica : ce que l’on sait

C’est une vague de modes successives qui reviennent périodiquement pour des raisons plus ou moins sérieuses : il faudrait supprimer son compte Facebook. Mais le faut-il vraiment ?

Autant le dire franchement et supprimer à l’instant tout suspense, non !

En revanche, mieux surveiller ce que vous partagez, là c’est une évidence qu’à chaque connexion vous devriez vous répéter !

 

Que s’est-il passé ?

Nous aurions tous pu passer à côté de l’information tant elle s’est glissée discrètement entre les lignes et deux images.

A la fin d’un long communiqué émanant de Facebook – que presque personne ne lit avec attention daté du 4 avril 2018, le réseau media social avoue “In total, we believe the Facebook information of up to 87 million people — mostly in the US — may have been improperly shared with Cambridge Analytica.

Ce qui, grosso modo, peut se traduire par “Au total, nous pensons que les données relatives à 87 millions de personnes – principalement aux Etats-Unis – ont pu être partagées à tort avec Cambridge Analytica.

Cambridge Analytica, c’est une entreprise américaine spécialisée dans l’influence politique qui depuis 2016 contribue à la campagne présidentielle de Donald Trump.

Jusqu’à fin mars, le monde entier pensait que la fraude concernait 37 millions de comptes. En fait, à ce jour, le siphonage concernerait plus de 50 millions de comptes supplémentaires.

 

Et en France ? 

S’il s’agit de la campagne de la présidentielle américaine, vous dites-vous avec raison, les données des comptes français ne sont pas touchées. Pas si simple ! D’après une source proche de Facebook, les données d’un peu plus de 210 000 personnes en France seraient affectées sans qu’on sache exactement qui, ni quoi.

 

Mais comment est-ce possible ?

C’est en fait à travers « thisisyourdigitallife » une application tierce connectée à Facebook et pilotée par GSR, un sous traitant de Cambridge Analytica, que tous les protagonistes ont pu obtenir « vos » données. Cette application tierce, un vulgaire quiz présenté comme un jeu, proposait un questionnaire et collectait les réponses des personnes qui participaient. Il s’agit donc par ricochet d’un tiers sous-traitant d’un tiers qui en bout de course a utilisé ces données.

 

Comment en arrive-t-on à 87 millions de comptes ? C’est l’effet boule-de-neige. L’application a été téléchargée par 305 000 personnes, dont 76 en France, mais comme elle collectait les données de l’utilisateur plus celles de ses amis, les comptes touchés ont augmenté de façon exponentielle !

 

Pourquoi est-ce si grave ?

Depuis le début de cette crise, Facebook multiplie les annonces pour tenter de minimiser les conséquences, de conserver la confiance de ses utilisateurs, et des pouvoirs publics, qui lui réclament, eux aussi, des comptes.

C’est essentiellement grave pour chacun de nous à titre personnel, personne n’apprécie que ses données personnelles soient collectées sans son consentement, mais également à titre collectif, pour la démocratie, dont les limites apparaissent vite si la collecte de données est possible pour manipuler les résultats d’une élection présidentielle.

C’est d’ailleurs suffisamment grave pour que Mark Zuckerberg aille s’expliquer devant le Congrès américain le 11 avril.

 

Que faire ?

La solution extrémiste, supprimez votre compte, vos comptes, partout, renoncez à être connecté, remplacez votre smartphone par un bon vieux téléphone mobile sans Internet. N’oubliez pas de fermer votre boîte à emails.

Nous sommes d’accord, c’est exagéré.

Plus raisonnablement, restez maître de vos données en accordant plus d’attention à ce que vous partagez, avec qui et où.

Les plateformes du Groupe La Poste et Docapost en général, comme Hub Numérique en particulier, ne collectent aucune donnée à votre insu, ne partagent aucune donnée avec aucun service tiers sans votre accord, et les enferment dans un coffre-fort qui les rend inaccessibles aux personnes et services mal intentionnés.

Concernant Facebook, nous vous recommandons de prendre quelques mesures pour réduire l’accès à vos données personnelles.

Pour finir, une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, une étude australienne montre que passer trop de temps sur Facebook pourrait causer de sérieuses poussées de stress.

Alors, autant envoyer un gentil sms à votre tante Albertine pour prendre de ses nouvelles, stocker les photos du petit dernier sur un cloud qui ne les utilisera pas à votre insu, et user avec modération et confidentialité, c’est le mot clé, de vos données ! Ce n’est pas parce que nous les appelons « données » que vous devez accepter de les donner !

Et comme ce qui importe c’est de ne pas tomber dans l’excès, si vous décidez de conserver votre compte Facebook, et toutes vos autres applications, pensez également à parfois totalement déconnecter. Quelques heures, quelques jours, c’est aussi bon pour votre ego que pour votre tranquillité de vous faire désirer !


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Inscription à la Newsletter
Recevez tous les mois une revue de l'actualité de l'IoT, du Hub Numérique et des différents projets qui nous réunissent